« Je veux rassurer les Français : il n'y a rien qui va les frapper davantage ou demander davantage d'efforts dans le secteur public en
2013 », a déclaré vendredi le ministre des finances Pierre Moscovici, avant de promettre un « budget juste et équilibré » pour 2014. Pourtant, même
s’il multiplie les déclarations sur la nécessité de ne pas ajouter « l’austérité à la récession », c’est bien vers l’austérité sans fin que se dirige la France.
Sécurité sociale, allocations chômage, retraite, tout est appelé à passer sous la toise de la rigueur, dès cette année. Sans parler d’une inévitable hausse de la fiscalité, le pacte de
compétitivité emploi de 20 milliards d’euros n'étant toujours pas financé.
Le chantier des retraites est déjà ouvert. Les partenaires sociaux n’ont pas réussi jeudi 7 mars à trouver un accord sur la réforme des retraites complémentaires – Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés). Les syndicats avaient accepté le principe d’une désindexation des retraites et d’une hausse des cotisations pour renflouer les régimes complémentaires en déficit. Mais le Medef a campé derechef sur son intransigeance. Au lieu d’une désindexation pendant deux ans, il a exigé au moins trois ans. De même, il a refusé que les hausses de cotisations soient accompagnées de nouveaux droits, sauf si l’âge de départ à la retraite était « significativement retardé ». Jugeant ces conditions inacceptables, les syndicats ont refusé d’entériner l’accord.
Même si le principe de la désindexation des retraites n’est pas entériné par les partenaires sociaux, il est déjà quasiment acquis au gouvernement.
Officiellement, celui-ci attend le verdict des experts sur la réforme des retraites pour se prononcer. Mais le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, a déjà livré son analyse sur le
sujet : « Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d'appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir
compte », a-t-il estimé dans un entretien aux Échos en janvier.
Le reste des « réformes » viendra plus tard. Car elles viendront et seront de la même mouture qu’en Espagne ou en Italie. Sans discuter, le
gouvernement français a en effet opté pour un alignement sans conditions sur « le pilotage automatique », selon la formule de Mario Monti, de la politique budgétaire
dessinée par l’Europe, qui impose, quelles que soient la couleur du gouvernement ou les circonstances, les mêmes préceptes. Avec le succès que l’on sait.
Sans surprise, le ministère du budget a ainsi annoncé vendredi que le déficit de l’État s’était creusé de 300 millions d’euros fin janvier, pour s’établir à 12,8 milliards d’euros, par rapport à l'an dernier. Même si les dépenses ont été strictement contrôlées, les rentrées fiscales, elles, n’ont pas été à la hauteur prévue. En dépit de la hausse des prélèvements, celles-ci ont reculé du fait de la baisse de 4,4 % des rentrées de la TVA, liée à la chute de la consommation. Les déboires ne font que commencer. La spirale infernale, trop connue, de la récession et de l’austérité, est enclenchée.
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