Syndicat Force Ouvrière de Carrefour Etampes - Information des salariés de Carrefour Etampes
| Revue de presse |
Les risques psychosociaux de l'ANI (suite) : prévention et CHSCTL'une des mesures introduite par les rédacteurs touche de plein fouet la capacité de prévention des risques dont disposent les représentants du personnel dans les CHSCT.La proposition initiale du MEDEF, en date du 14 novembre 2012 et base des négociations, portait exclusivement sur l’objectif de limiter « la pluralité des expertises… qui alourdit les coûts pour l’entreprise et allonge les délais » (p. 10). Or, la rédaction du projet de loi outrepasse largement la demande initiale et aboutira si elle est mise en œuvre à une source grave et inépuisable de RPS que chaque CHSCT devra traiter a posteriori. En effet, le projet de loi donne à l’employeur le pouvoir de fait d’organiser (L 4616 –1) et de contrôler (L 4616 –2) le fonctionnement de l’instance de coordination des expertises mises en place. Il soumet de surcroît cette instance à la négociation d’accords conventionnels (minoritaires), (L 4616 –5), comme s’il existait de bons et de mauvais RPS, selon le point de vue où l’on se place. Un chef d’entreprise n’a pas besoin de ce projet de loi pour décider et prendre lui même toutes mesures de prévention qu’il jugera nécessaire, c’est pour lui une obligation de résultat (art L 4121- 1 et 2). Mais la loi du 23 décembre 1982 a donné au personnel, via les CHSCT, la liberté et l'indépendance d'analyse de ses besoins en matière de prévention. C'est-à-dire concernant l’adaptation des conditions de travail à sa dignité et à sa santé. C’est cette capacité et cette liberté de prévention que le texte actuel du projet de loi détruit. Dans le cas de France Télécom, il a été prouvé, tant par les rapports de l’Inspection du travail (rapport Catala) que par les rapports des experts (rapport Technologia), que l’une des causes déterminante, et sans doute la principale, de l’explosion des RPS et des suicides dans l’entreprise était le refus systématique de l’employeur de prendre en compte les analyses et alertes remontées par les CHCST existant, la direction se satisfaisant des audits et des mesures coordonnées et décidées par elle-même (après avis de comités « ad hoc ») en lieu et place des alertes qui lui étaient remontées sans filtre par le personnel.
Dans cet esprit, nous proposons comme alternative de remplacer le texte incriminé (articles L.4616-1 à 5, du §X de l'article 4) par le suivant :
La dignité et la santé des travailleurs est une chose trop sérieuse pour ne pas tenir compte de la réalité du fonctionnement des entreprises, grandes ou petites. Sauf à se retrouver, comme vient de nous le dire sans détour un certain dirigeant d'entreprise, « avec des salariés payés à un euro de l'heure »... Mais ce que ne dit pas ce dirigeant, c'est que dans ce cas il ne lui faudra pas oublier, comme ses collègues, de mettre des filets autour de ses usines pour éviter que ses salariés ne se jettent par les fenêtres (voir le reportage d'envoyé spécial sur FOXCONN ). Entre le fort et le faible, c'est la liberté (de l'accord) qui opprime et c'est la loi (du code) qui affranchit. |