Accord MEDEF retranscrit. Alerte ! L'ANI cache un projet de société. Son nom : la précarité d'abord !
Projet d'une nouvelle société ? Tout le pouvoir au patronat !
L'ANI s'inscrit dans le cadre du TSCG (Traité sur la Stabilité, la
Coordination et la Gouvernance). Le TSCG entraîne mécaniquement une logique
d'austérité contre laquelle une majorité de Français a voté en chassant Sarkosy.
L'accord de flexibilité découle directement de ce traité européen refusé déjà en 2005. Ce traité ''merkosyen'' a été accepté et non renégocié par
Hollande en 2012.
Que les ''partenaires sociaux'' soient majoritaires ou non, que les résultats provisoires
(représentativité) donnés par le ministère solférinien du travail soit ou non le fruit d'une fraude, ce n'est pas fondamentalement le sujet.
L'ANI, c'est avant tout un projet de
société. Or la majorité des français l'a refusé implicitement "Les partenaires sociaux" n'avaient donc pas à avoir le dernier mot. Il n'était pas
légitime de leur laisser graver l'ANI dans le marbre de la loi. Maintenant, nous devons lutter contre.
Un fait grave n'a pas été relayé dans les médias ; un non-dit ou un peu-dit, dû en
partie à la frénésie "contre-réformatrice'', dont le gouvernement normal a été soudain atteint depuis janvier.
Le 13 mars 2013, le projet de loi constitutionnelle relatif à
la« démocratie sociale »a été
adopté en Conseil des ministres. Ce projet concrétise la proposition 55 du candidat Hollande. L’Assemblée devrait
en discuter à partir du 21 mai, et le Sénat à
partir du 26 juin.
Si cette étape
est franchie, le gouvernement, avec
une
majorité des 3/5, c'est-à-dire
avec la droite, pourra envisager de faire voter en Congrès à Versailles, les
22 ou 29 juillet, une modification de la
Constitution et y faire graver les principes ''hollandais'' de
« démocratie sociale ».
Cette modification entérine le fait de confisquer à l'Assemblée Nationale sa capacité de débattre et de déterminer ce qui est bon pour tous en ce qui concerne les questions sociales.
Il s'agit, vous l'aurez compris de la méthode employée pour la signature de l'ANI du 11 janvier 2013 et pour
son intégration à la lettre dans la loi.
Car, « cet accord entend également instaurer en France un nouveau
modèle économique et social dont la toile de fond serait l'instauration d'un compromis permanent entre le patronat et les salariés. Ce serait un véritable recul historique ». Et cette méthode et ce qui en découle permet de « mettre chaque salarié en situation
de fragilité et de soumission face à son employeur. »
François Hollande, le 1er juin 2011, à Paris : « À une
droite qui n'a eu de cesse que de vouloir réduire la place des syndicats a répondu une gauche qui a eu tendance à préempter le social pour
son seul compte comme si le temps politique l'emportait sur tous les autres. C'est ce malentendu qu'il faut lever et ce hiatus qu'il faut combler. » Voilà que ce hiatus est en voie d'être complètement comblé (au mois de
juillet).
Le temps politique, qui ne doit pas l'emporter sur tous les autres, ça signifie
quoi ?
L'explication se trouve résumée dans une phrase de Hollande écrite en 1984 (décidément, une belle année
orwellienne !) : « La conception dogmatique de la lutte de classe ouvrière et la notion d'appartenance des individus à des groupes solidaires doivent être abandonnées ».
Avec cette méthode qui boute le temps politique hors du
champ social,
il est donc logique, que « dans la version actuelle du texte [ANI transcrit], on n'a plus
de situation inacceptable, de sujet où on est dans un choc frontal avec le patronat. »
Ainsi, les 100 parlementaires PS soutenant incondition-nellement la transcription pouvaient affirmer que «
Notre pouvoir, c’est d’abord celui de respecter la voie choisie par les partenaires sociaux en transcrivant dans la loi,
sans en modifier l’équilibre, l’accord qu’ils ont conclu ».
« toute correction devra être approuvée par les signataires » ( Hollande, le 28
mars 2013).
Avec le projet de réforme constitutionnelle, les parlementaires n'auront plus de choix à
faire entre les diktats solfériniens et leur conscience. Plus besoin de se casser la tête (un métier d'avenir!). La retranscription fidèle devient obligatoire et automatique
!
Le recul historique le plus redoutable se cache ici. Cette « démocratie sociale » inscrit
un compromis permanent profitable au plus fort. Tout le pouvoir est en fait remis au patronat. "Les partenaires sociaux"sont
amenés à faire la loi et à tenir le stylo des parlementaires. Plus aucune divagation possible, ''tout est nickel'' ! Tout est en ordre !
« Le grand enjeu désormais » .... « c'est de faire confiance aux entreprises. » (Matthias Fekl, proche du ministre de l’économie Pierre Moscovici à propos de l'ANI et de la
suite).
Ce projet de nouvelle ''démocratie sociale'' renforce le dessein
libéral du gouvernement.
En attendant, Sapin a rappelé en fin d'une réunion parlementaire que les députés avaient à
voter « non pas un accord interprofessionnel, mais un projet de loi et, que ça, cela engage le
gouvernement ».
C'est un "pacte de confiance entre les députés et le
gouvernement" (Sapin). « Le respect de l'accord n'est pas une règle juridique, c'est une décision
politique sur laquelle le président de la République s'était engagé
pendant la campagne. Cela amènera d'ailleurs à une réforme constitutionnelle pour reconnaître la place de
la démocratie sociale dans la Loi fondamentale. »
(Alain VIDALIES ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement dans le
gouvernement Jean-Marc Ayrault ).
Ce pacte porte un projet de société, au nom de la précarité d'abord, qui
implique une régression de la civilisation.
Il remet en cause :
• La hiérarchie des normes.
• Le principe de faveur.
• Notre système de protection sociale.
De plus les CHSCT (Comité d’Hygiène, de
Sécurité et des Conditions de Travail) seront rendus impuissants dans leurs missions. Car ces accords entraveront gravement le fonctionnement des CHSCT, qui ces
dernières années étaient devenus des outils indispensables de lutte et de contestation dans les entreprises.
L'ANI, avec la ''flexibilisation'' et la perte de droits et protections des travailleurs, portera
atteinte globalement aux conditions de travail, à la qualité de la vie, à l'environnement, au problèmes de santé et augmentera les risques psychosociaux.
Or la qualité de la vie et le bien-être social sont du ressort de
l'ensemble des citoyens et non d'une petite troupe de ''partenaires sociaux'' soumis au patronat et qui aurait la
prétention de faire la loi.
Ce projet est intégralement de
libéral.
Ne nous focalisons plus sur les étiquettes (socialiste, gauche et c.) et ne nous
laissons plus leurrer par de bonnes formules alléchantes (accord de maintien de l'emploi, droits rechargeables et c.). Depuis maintenant un bon moment, nous voici englués et fixé
comme des mouches dans un autre univers, tout derrière le miroir, piégés par des mots vidés de leur sens. Nous ne sommes pas au pays des merveilles, mais dans un univers glauque et
''orwellien'' digne de « 1984 ».
Il faut finir par en tirer toutes les conséquences une bonne fois pour toute et cesse les pas
de deux. Il nous faut nous déprendre des illusions et des aliénations ! Ça suffit les trompe-l’œil et les faux-semblants !
Cette dérive idéologique
inhérente au système et qui impacte la vie des gens, justifie et permet de produire et
de reproduire l'oligarchie.
L'austérité, la précarité et la flexibilité maximisent les profits et provoquent les licenciements, les
récessions de maintenant et de demain et, en alimentant spéculations et fraudes, font croître les turgescences oligarchiques, qui en étaient aussi la cause.
Ajoutez à ce tableau des parlementaires empêchés de faire la loi, c'est, de façon visible, tout le pouvoir au patronat et à leurs insubmersibles
technocrates, c'est aussi le discrédit général et assuré de la chose politique qui nous menace et c'est maintenant !
L'ANI s'attaque au bien-être humain. Cette
lutte contre l'ANI et contre le projet de société, qui le porte, est bien connectée aux autres luttes.